Formation de formateurs  IUFM D’Etiolles

Carole TISSET

 ctisset@club-internet.fr   carole.tisset@gmail.com

 

 

Séance du  18 octobre

 

L’ APPRENTISSAGE DE LA LECTURE

 

 

 

 

Contexte » institutionnel » médiatique qu’on ne peut pas ne pas aborder..

 

Il s’agit, pour nous formateurs, d’améliorer la pratique des enseignants de CP en tenant compte des IO de 2002 et de l’Arrêté de mars 2006.

Dans la bataille médiatique actuelle il faudrait différencier  les écrits et ce qui est dit ou exigé oralement.

Dans les programmes 2002 et  dans l’Arrêté, les maîtres doivent travailler  les 4 compétences = identifier les mots/ comprendre/ produire du texte  /acculture.

La bataille médiatique se joue sur «  identifier les mots » ; » comprendre » n’étant plus une priorité.  Un rapport récent de l’IGEN réclame que les maîtres travaillent la compréhension.

                                                                                                                                                                     

Le poids sur le CP redevient énorme, en termes d’effets visibles : savoir  ou  ne pas savoir déchiffrer.

 

Malgré cela rassurer au maximum, continuer à former le mieux possible ! (6 séances pour les PE2 à l'IUFM)

 

Critères de choix d’un manuel

 

Ø      AVANT TOUT Il faut rappeler l’importance de l’équilibre psycho-affectif de l’enfant, de ses compétences langagières et de la latéralisation :

L’ordre des mots et l’ordre des graphèmes permet d’accéder au sens du mot (et du mot seulement pas du texte).

 

Ø      De toutes manières le manuel ne peut en aucun cas être le seul support.

 

Ne pas  omettre le travail sur le « culturel » : Trop d’enfants en CP sont encore en difficulté  car  ils manquent de lexique, de  connaissances du monde, n’ont pas le schème de causalité : comme des parents l’enseignant doit parler du monde ( à travers les albums, la vie de la classe et tous les supports utilisés) et le commenter (=acculturer)

 

Ø      Attention au travail sur albums  qui présente quelques inconvénients (si ce sont les enseignants qui choisissent les albums selon leur goût):

- existence d’une  progression lexicale ? y a t-il  rebrassage du lexique ? (même si structure répétitive)

- pb de la séance découverte :

*  risque de la »devinette » donnant une  idée fausse de la lecture

                       *   travail sur lecture d’images trop longu

                       * hypothèses  peu vérifiées ensuite grâce au  code

 

Ø      Y a-t-il un travail analogique sur les syllabes ?  (cf.  le « Puis/puis/puis » de l’arrêté mais dans la circulaire : « La syllabe est un point d’appui essentiel : savoir segmenter la parole en unités, retrouver les syllabes qui constituent un énoncé sont les premiers pas vers la prise de conscience des sons élémentaires de la langue. »

Tous les manuels  passent par la syllabe (sauf 1 méthode idéovisuelle)

 

Les IO recommandent de passer par le phonème or problème pour l’association phonème consonantique + voyelle : Bé+a= béa ; c’est pourquoi le travail par la syllabe est obligatoire + prononcer une suite de phonèmes ne permet pas d’oraliser un mot : ch+a+p+o >>à la fin de la laborieuse prononciation de chaque graphème dans une phrase, l’enfant ne peut pas avoir mémorisé la signification de la phrase.

Attention aux manuels dont l’unité n’est pas phonique mais la lettre (boscher)

 

Ø      En tout état de cause, la méthode doit comporter des supports et des exercices sur le code en nombre conséquent, importance de la répétition pour s’imprégner du code grapho-phonétique.

           On peut prendre un manuel et travailler le code à côté.

Remarques : Dans les années 80 on a mis en avant le travail sur la compréhension en négligeant, peut-être chez certains le travail sur la syllabe, mais jamais le code n’a été omis.

 

Rappel

 

La démarche synthétique

 

PHONEME

 

 


GRAPHEME

 

GRAPHEME + GRAPHEME  = SYLLABE (V+C / C+V / C+V+C)

                                                  SYLLABE    + SYLLABE  = MOT

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        MOT+ MOT= PHRASE

Découverte de la chaîne orale : Le phonème ;

A ce phonème est associé un graphème (lettre ou  plusieurs lettres)

Puis association de deux graphèmes= syllabe

 

HISTORIQUEMENT

Cette démarche existe depuis  les  romains

1° année : les lettres (sans sens sans contexte)

2° année : les syllabes

Puis le mot

Puis  la phrase

Très tôt les prêtres ont dit qu’elle ne s’appuie pas sur le sens, donc qu’elle est non motivante parce que le travail exigé n’a pas de sens pour les enfants, donc difficilement mémorisable.

d’où  mise en place de…

 

la démarche analytique

Ex le sablier manuel fondateur

 

Partir  d’une phrase SIMPLE comptine, histoire, (Phrase connue à l’oral)

De là,  on isole les mots, et particulièrement le mot vedette.

Mot oral scindé  en syllabes orales 

Puis  on extrait le phonème de la syllabe.                                                                                                        

Puis on repart en démarche synthétique..D’où l’appellation de  méthode  mixte.

 

Une démarche mixte commence  par une phrase d’analyse  puis  une phase  synthétique

Dans les deux phases, il est obligatoire de passer par la syllabe.

 

 

La démarche idéovisuelle

L’analytique est confondue avec la globale

La méthode  dite « globale »  est la méthode idéovisuelle  par  mémorisation directe de mots

« lire au CP » Delagrave (Foucambert)

Or 500 exemplaires vendus seulement ! On ignore si les enseignants n’ont pas travaillé le code parallèlement à ce manuel.

Néanmoins quelques trouvailles :

- Une histoire complète 

- Des  écrits fonctionnels

- Un travail de grammaire implicite

 

 

Question : quelle place  pour la mémorisation directe de mots ?

 

Il faut rassurer les enseignants sur la nécessité de mémoriser sans analyser les mots outils (et les parents)

Il y a des petits mots à identifier et mémoriser en voie directe : déterminants, prépositions, présentatifs (il y a, c’est, voici)

=mots dont on a besoin tout de suite pour faire une phrase.

 

Comment   justifier de faire de l’analyse de : DANS  BEAUCOUP   C’EST

C’EST=

c de cerise

apostrophe  qui scinde mais tu fais comme si 1 élément

é

s tu ne prononces pas

t tu ne prononces pas !!

 

DONC…

L’arrété de Mars prohibe la méthode  idéovisuelle=globale et la méthode mixte

On doit selon l’arrêté avoir  impérativement une méthode synthétique.

Possibilité de « biaiser »  = la partie analytique  peut se faire à l’oral + s’appuyer sur les modifications de l’arrêté de mars :

Article 1, alinéa 2.4 :

« Pour ce faire, on utilise deux types d’approches complémentaires : analyse de mots entiers en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises ; synthèse, à partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés ».

 

 

 

  ETUDE  DU  DVD

 

On y trouvera :

- des interventions de chercheurs

(rq : certaines ont  été tronquées…Un argument est  néanmoins resté : Gombert « aucune recherche scientifique n’a prouvé que la méthode syllabique= synthétique soit la meilleure ! »

 

- la voie officielle 

 

- des illustrations dans les classes

Attention le  DVD est modélisant, il  peut être généralisé, donc il faut le commenter, en discuter le contenu.

Quelques pratiques posent problème :

- du point de vue didactique

- du point de vue de la « pression » exercée sur les enseignants au regard  des performances ++ des classes filmées (ex paris 16e)

 

 

GS Maternelle Erlanger  PARIS 16 EME

 

SEANCE = sauter dans des cerceaux  en fonction du nombre de syllabes

 

Question du passage par l’ « EPS » ( Apprentissage avec passage par le corps ?  )

Confusion liée au matériel et à la salle  référencée  EPS : il peut y avoir risque d’amalgame ?

 

consigne critiquable « dans quels mots avez vous sauté ? » ici les élèves comprennent l’implicite de la maîtresse mais littéralement « on ne saute pas dans des mots ».

pb de la mise en activité META si les  élèves  sont encore uniquement  dans le signifié (pour eux la parole sert  uniquement à communiquer)

 

l’activité métalinguistique

1) Il y a des objets et des mots pour les nommer; le mot n’est pas l’objet : le mot « arbre » n’est pas l’arbre ; il le représente, c‘est une première abstraction.

2) Deuxième abstraction= décomposition en syllabe non signifiantes : ba-to

3)  Troisième abstraction = isoler le phonème

 

Exemple classique  de  la comptine des prénoms

Nicolas  dit : Nicolas aime les frites.

M : comment se termine ton prénom ?

- Nicolas Guadet !

Devant l’incompréhension de Nicolas (non analysée par la M) la M se tourne vers d’autres élèves.

- un élève propose : Nicolas aime le chocolat.

Très bien dit la M qui va écrire cette phrase au tableau.

- non je n’aime pas le chocolat !

La M va rajouter une forme négative au tableau.

 

¾ des élèves sont dans le sens, le langage (communication, le réel) et ne comprennent pas qu’on passe à l’analyse de la langue donc qu’on peut dire quelque chose de contraire à la réalité pourvu que les finales riment.

 

recommandations  pour le travail de la conscience phonologique

 

AVANT  toute chose…

AVANT  Pratiquer des activités  de discrimination auditive, identifier en musique (Complémentarité)

AVANTLatéralisation préalable !! L’espace-temps travaillé : « le premier » « le dernier »  « avant » » » après « 

AVANT travailler le découpage de la chaîne orale en mots

 

Ø      on va travailler avec les oreilles et uniquement sur la musique des mots et pas ce que veut dire le mot

Ø      on travaille uniquement à L’ORAL, pas de recours à l’écrit dans un premier temps car fonctionnement différent

Ø      on reste surtout au niveau de la  SYLLABE

 

Comment compter les syllabes orales ?

Exemple

« lune » : à l’oral   LUN = 1 // à l’écrit    LU-NE = 2 

En GS, on travaille sur le matériau oral d’abord et on ne montre pas le découpage en syllabes écrites, qui relève de la fin du Cycle 2.

On peut colorier dans une couleur les lettres muettes pour montrer qu’il y a des lettres qu’on écrit mais qu’on ne prononce pas ( à commencer par les prénoms : Marie, Pierre…)

On peut par observation de deux segments écrits identiques montrer le rôle du –e muet qui permet de sonoriser la consonne finale :

LUN- di

LUNe

On peut accepter pour un même signifié qu’ il y ait une  prononciation différente de deux  locuteurs dans la classe :

« casserole » moi je dis cas-rol= 2 syllabes    toi tu dis  ca-sse-role   = 3 syllabes

 

Comment matérialiser la syllabe ?    (conforter les maîtres dans cette pratique)

- le frappé avec les doigts plutôt que main bruyante !

- frappé sur le corps

- différenciation : pour certains  nécessité de passer par le corps =sauter dans cerceau, feuilles de couleurs…

- matérialiser avec  cailloux, cubes…

      - puis passage par le codage

 = progression !

 

-Remarques : pb du dénombrement de syllabes est une  autre compétence !

 

SEANCE boîte de syllabes « 4 objets 4 cartes 4 syllabes » 

tâche : dire si 4 syllabes  ou pas ……….. quelle clarté cognitive ??

pb des  images représentées : on voit  « deux perroquets » et l’enfant doit dire le nombre de syllabes ( 3 ou 4 ) dans …(deux) pé-ro-què

On travaille  sur le  mot et pas sur ce qui est représenté (pb images)

 

SEANCE animaux en « « ou

ATTENTION !! activité de CP

Je donne une image et tu dois mettre le mot correspondant (nécessite de savoir lire globalement le mot donc demander la vérification par le code sur une partie du mot.)

 

 

 Classe de cycle, Maîtresse du  LOT

 

 SEANCE Rechercher  des mots avec la  rime »on »

Demande de faire une chaîne de mots : mobilisation de l’attention, entrée dans l’activité, prononciation articulation et mémorisation

 

Repérage des  pb d’audition

Défauts articulatoires : peuvent ne pas  être  corrélés à problèmes d’audition.

Faire trier des images pour voir si le mot est bien entendu même si mal prononcé.

Attirer l’attention des parents : ils ne doivent pas répéter les mauvaises prononciations de leurs enfants et s’amuser de ces défauts articulatoires.

 

Progression : de deux compétences différentes

- Rime sur la syllabe

Travailler sur les finales (plus faciles) 

 

Ø      insuffisance des  jeux phoniques : on doit faire travailler  également sur la syllabe du  début, mais la syllabe atone (intérieure) (cho-co-lat très difficile ; on ne peut isoler le /co/ dans « veuxtuduchocolat »)

-         puis recherche de  rime sur le phonème vocalique = assonance

-     rime= C+V ou C+V+C

 

 

Quand on fait rimer peu  importe comment s’écrivent les mots puisqu’on est à l’oral :

examen/pain  ……… matelas- papa – oie

 

Recommandation

- Pour des élèves en déficit lexical s’appuyer sur un stock d’images, puis après «chercher dans sa tête »

- Préciser  que ce ne sont pas les images ou les objets  qui riment  mais la musique des mots.

 

SEANCE exercice du puzzle

- Nommer les images  avant de travailler

- Séparer  TOR/TUE

- Puis travail inverse  la reconstituer

(scission, fusion de syllabes)

Attention ici encore, la syllabe ne renvoie pas à des signifiés mais à des entités abstraites donc ne pas scinder l’image car la moitié de l’image ne représente pas TOR-

 

SEANCE Exercice « enlève la dernière syllabe, que reste-t-il ? »

« Si tu enlève /po/ de ton image « chapeau », qu’est-ce qui reste ? »

Dans « papillon » retire /-llon/ qu’est ce qui reste ? « papi » !! (jouissance des enfants)

Activité  à faire à l’oral, sans appui imagé, très difficile...jusqu’en fin de CE1

 

rébus comme activité orthographique

Travail sur l’homophonie, sur l’orthographe pour aller vers le sens

Intéressant en CE1-CE2

 

 

Classe de GS école Labastide –Murat, Lot

 

SEANCE des syllabes aux phonèmes :  recherches sur le son « ou »

- Nommer les images  « on écoute le mot qui correspond à l’image »

- Trouver le son commun

- Trier dans les images   si son cible ou non

- Codage des syllabes et localisation du son  grâce à des  « cordes »

                  matérialisation des syllabes= méthode du sablier

                  matérialisation de la présence du phonème (pas sa place)

 

Pb du codage au tableau  (API en maternelle !) : Utilisation de l’API...plutôt pas ? risque de confusion ? Utiliser un mot cible : Le mot vedette de la classe ou le mot repéré personnel  de l’élève.

Non traitement de l’erreur de la petite fille » en 2 syllabes « loup »

Or l’erreur doit être utilisée pour clarifier : être source de progrès

 

Compte- rendu rédigé par  I. BURIGNAT

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                C.Tisset